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PEREGRINATIONS

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Andalucia Bike Race 2014 : le super CR de Dominique !

Andalucia Bike Race 2014 : le super CR de Dominique !

 

Dominique Grégoire était inscrit, avec son co-équipier, sur cette belle course vtt à étapes, en Andalousie. Voici son récit de ces quelques jours bien peu ordinaires. Merci pour ce partage, Dom ! Et bravo à votre équipe !! 

 


L ’Andalucia Bike Race 2014

Le site officiel de la course

 

ABR J6 (3)

 

Capture d’écran 2014-03-22 à 08.20.43

 

La course : 6 étapes VTT très variées (technique, roulant, ludique, cassant, longues montées suivies de longues descentes, succession de « montagnes russes »…) Dès l’arrivée sur le site de départ de la course, on sent la grosse organisation. Les camions, les cars, les vélos exposés donnent un petit air de tour de France….

On récupère les dossards, direction l’hôtel pour la préparation des vélos. Le hall de l’hôtel est un peu transformé en atelier le temps du remontage et réglage du vélo. Repas rapide et léger (mais peu adapté : chips/sardines/bière !) dans un bar typique en regardant le match FC Barcelone/Real Sociedad.

 

Capture d’écran 2014-03-22 à 08.13.51


1 ère étape : Grand beau : 60 km pour 2000 m D+ temps : 4h30   Avg FCM : 80% max :91%

Réveil sous le soleil andalou… c’est l’été, on fait quelques photos, cuissard court et manches courtes. C’est comme ça que j’imaginais la semaine… Petit tour sur le paddock, on voit les pros qui s’échauffent déjà sur les rouleaux… Pour nous, l’échauffement consistera en un petit tour de ville… Grâce (ou à cause !) d’Aurélien (29 ans), on est dans le sas 1 en « élite men ». Départ à fond pour une petite dizaine de kilomètres de bitume le temps d’étirer le peloton de 750 coureurs. Pas suffisamment ! gros bouchon avant le premier single montant. J’avoue que ça me permet de récupérer un peu car j’étais au taquet dans la roue d’Aurélien ! Très belle étape variée (pistes, singles, technique, roulant). La forme est là, les puls montent bien, les jambes tournent bien  et même si je suis un (grand) niveau en dessous d’Aurélien, je suis satisfait de moi…On ressent un peu le manque de technique par rapport à pas mal de gars mais il est vrai que depuis l’été, on a peu eu l’occasion de tâter du caillou…. D’ailleurs, un décrochage dela roue avant m’envoie à terre ! Ca ira mieux en fin de semaine (même si je regoûterai au sol andalou lors de la dernière étape !)

Etape bouclée en 4h30 (60 km et 2050m de D+). Moi, je trouve ça pas mal mais le classement, à ce niveau,  est sans pitié…104ème/109 en élite ! Objectif, ne pas finir dernier !!

2 ème étape : pluie, neige en altitude, vent glacial : 60 km pour 2000 m D+ temps : 5h55  

Avg FCM : 73% max :88%

Les  affaires sont prêtes : cuissard court, manches courtes, lunettes de soleil, etc. Aurélien tire le rideau et….il pleut des cordes !! Aie, on n’avait pas vu ça comme ça ! Changement de programme : manches longues, buff, verres jaunes… Lors de l’échauffement, on constate qu’il a aussi neigé vers 1500m (là où on va…). Aujourd’hui, c’est la porte 6…L’ambiance n’est plus la même mais bon, on va faire avec et on y croit ! Comme la veille, bouchon au bout de quelques kilomètres avalés rapidement. Puis une longue montée qui aurait pu être sympa au soleil nous amène vers la ,neige. Il fait un froid glacial, il tombe un peu de grésil, et il y a un peu de neige au sol… on est recouvert de boue. Vive le VTT ! Arrivé au sommet de la bosse (pas loin de 1000 m de D+ quand même), j’attends Aurélien au ravito… Personne..Il a du avoir un petit pépin ou passer sans me voir. On est quelque peu transi ! J’attends, les équipes passent, passent et toujours pas de coéquipier. Là, c’est sûr ! il est devant, je grelotte et décide de repartir. S’en suivra un bon moment de galère : à force d’hésitations, de doutes, etc, on finit par se retrouver au contrôle mais on a lâché du temps et de l’énergie ! On se retrouve en queue de course et on n’y croit plus trop, surtout que c’est très glissant et difficile à bien rouler. Quelques éclaircies, quelques autres averses, des montées, des descentes (rendues difficiles par la pluie), les kilomètres semblent longs mais bon, tout a une fin malgré tout, et on termine en 5h55. Lavage des vélos indispensable malgré l’envie de foncer sous la douche chaude !

3 ème étape : Brouillard et froid puis beau temps : 72 km pour 2000 m D+ temps : 5h34  

Avg FCM : 73% max :86%

Lever tôt pour aller prendre le départ à Andujar (1 petite heure de route). Froid et brouillard au départ. Je m’aperçois que mes cales (usées) n’enclenchent plus…La journée va être sympa ! Le départ (qui sera aussi la fin… en sens inverse bien sûr !) est une succession de montées raides et descentes (tout ce que j’aime !!). Par contre, l’ensemble de l’étape est très beau, très agréable à rouler avec de belles montées et de superbes descentes. Une très belle étape, assez physique mais plaisainte, courue sous un temps assez clément finalement, vu que le brouillard s’est levé assez rapidement. On dit souvent que le troisième jour est le plus dur mais pour l’instant, ça passe assez bien, même si j’ai un peu lâché dans le final (ces changements de rythme fréquents m’ont plutôt usé le moral mais certainement les jambes aussi !).Lavage du vélo, (re)chargement de la voiture et direction Cordoue où il faut trouver l’hôtel (et ce fut quelque peu épique, celui-ci étant situé dans une ruelle proche de la mosquée (donc sans voiture !) Installation et mécanique dans le parking de l’hôtel…_On se dit que ça doit être sympa d’être dans un team et de remettre son vélo au mécano qui te le rend nickel, réglé le lendemain matin !!

4 ème étape : Brouillard puis assez beau : 72 km pour 2000 m D+ temps : 5h20  

Avg FCM : 71% max :83%

Encore du brouillard, ça ne facilite pas la tâche pour trouver le départ…Un petit effort de l’organisation pour flécher les départs ne serait pas du luxe (par contre, le fléchage du parcours est impeccable). Départ rapide et à nouveau… gros bouchon. Marche à pied et récup mais je me ne sens pas « dedans » aujourd’hui. Je me sens fatigué… et je le suis ! J’ai du mal à mettre en route, je subis un peu alors que le parcours est plutôt sympa, roulant et (heureusement) pas trop technique. L’étape se déroule sans trop de souci mais toujours avec cette impression de ne pas pouvoir forcer davantage. Et pourtant, un changement de cales (fait rapidos sur le parking le matin) me permet à nouveau de pouvoir pédaler normalement ! Même pas d’excuse valable…Du coup, je suis un peu inquiet pour l’étape marathon du lendemain…Surtout que comme chaque jour, la mécanique, le lavage, le repas ne nous permettent pas de se coucher suffisamment tôt !

5 ème étape : météo variable mais correcte : 72 km pour 2000 m D+ temps : 5h37  

Avg FCM : 72% max :87%

Donc aujourd’hui étape marathon. Je me réveille moins fatigué. Petit déj un peu light à notre goût (enfin, tout du moins pour des gars qui doivent pédaler environ 5 à 6h par jour). Les meilleures sensations se confirmeront tout au long de l’étape. Je me sens plutôt en forme, j’ai envie de rattraper (et doubler si possible !!) ceux qui sont devant alors qu’hier, je laissais filer volontiers. La mécanique d’hier soir a remis nos vélos sur pied et l’étape se déroule sans encombre, on voit des « nouvelles équipes » (celles qui étaient trop devant pour les voir les jours précédents !). Le parcours était assez roulant et on termine content et soulagé en 5h37. Aujourd’hui on a gagné quelques places. (244 ème au scratch soit 30 places de mieux qu’hier) Dans ma tête, c’est déjà quasiment fini…Grosse erreur !! Comme d’hab, un peu d’entretien vélo mais ce soir, je ne lave rien et ne fais aucun effort pour sécher mes chaussures car de toute façon l’expérience des jours précédents nous a montré qu’il y aura bien un gué dans les 10 premiers kilomètres !!…  Lors du repas du soir, on se sent déjà « finishers » et j’ai l’impression que la dernière étape, plus courte, est là histoire de faire « un tour d’honneur »…

6 ème étape : temps maussade et assez froid : 56 km pour 1500 m D+ temps : 4h20  

Avg FCM : 70% max :84%

…comme je disais : grosse erreur !! Cette étape n’est pas là pour faire un « tour d’honneur » mais bel et bien pour nos achever et consommer les rares calories restantes ! Quelques kms roulants puis bouchon habituel au pied d’un poussage/portage. Alternance de montées/descentes dans un espèce de faux rythme au gré des arrêts à cause des bouchons. Pas l’idéal pour se mettre dans le rythme. Mine de rien, nous montons petit à petit pour totaliser environ 800m de dénivelé au niveau du premier ravitaillement. La fatigue est bien là et cette étape qui s’annonçait « facile » se transforme en gestion de nos dernières forces d’autant que le relief chaotique et les changements de rythme sont durs à encaisser. Cerise sur le gâteau, nous enchainerons avec 5km de roulage sur une ancienne voie ferrée après le ravitaillement pour encore un peu plus nous secouer et bien nous faire sentir qu’on est à la rue aujourd’hui.

La descente très roulante nous permettra de nous remettre dans le rythme pour attaquer les dernières ascensions. Ca devient dur, on a l’impression de ne jamais en finir et les kilomètres ne défilent pas Pour finir, un beau portage bien raide nous est « offert »avant de retrouver les singles finaux bien agréables à rouler,. Un peu trop de confiance encore, l’envie de coller aux gars qui sont devant et une nouvelle chute ! la boucle est bouclée (chute au début-chute à la fin !). Que ces derniers kilomètres semblent longs ! Un dernier stop au ravitaillement avant de redescendre sur le campus et d’enquiller la longue piste gravillonnée pour voir cette fameuse ligne d’arrivée, la franchir et devenir des "finishers" de l’Andalucia Bike Race.

Bilan : Je suis bien content d’avoir réussi cette épreuve qui était d’un très bon niveau (pour moi !).Sur 358 équipes au départ, on termine 240 ème au général (en 31h15) à 13 h environ des premiers (Equipe pro Centurion Vaude). Nous sommes classés 85ème (sur 113 partants) en élite mais si j’avais couru avec mon coéquipier habituel on faisait 4 en Masters 50, ce qui quand même plus gratifiantJ. Ceci dit, j’y allais pour vivre une expérience et non pas pour faire une place. Je suis satisfait du déroulement de cette semaine. Je me suis bien surpassé et j’ai fini bien vidé mais avec un sentiment du devoir accompli. Je me rends compte de vraies lacunes techniques (je le savais avant cependant mais c’est énervant de doubler des gus en montant qui nous reprennent sans un coup de pédale dès la première descente…) Par contre, malgré une journée un peu dure, la forme est plutôt fiable (à mon niveau) et d’une assez bonne régularité. De plus, j’ai couru avec un jeune de 29 ans et d’un niveau bien supérieur au mien, donc avec le sentiment d’être toujours à la rue même quand j’étais à 100% ! (un peu comme le gars qu’on attend toujours au ski et tout le monde repart dès qu’il arrive…comme ça, on est sur qu’il ne récupère jamais !!) Ceci dit, il m’a toujours attendu sans jamais montrer d’agacement ni d’impatience (c’était prévu ainsi…mais tout le monde n’est pas capable de respecter ce type d’engagement !)). On s’est bien entendu et il n’y eu aucune tension (enfin, il me semble ! j’espère qu’il confirmera..) Le seul hic : il aura appris qu’il faut éviter de partir avec des vieux ! ça ronfle !!!

Si besoin était, cette épreuve confirme aussi l’importance de tous les détails qui tournent autour de la course (matos, logistique, mécanique et même alimentation (pas toujours simple de trouver le bon restau où on peut manger ce qu’on veut, à la bonne heure pour pas trop cher…). On y laisse aussi pas mal d’énergie !!

 

Quelques réflexions supplémentaires :

Les Espagnols sont très sympas et l’esprit général de la course est excellent (personne ne « gueule » pour passer ou quand tu roules un peu moins vite sur un single ou dans une descente… pas toujours le cas dans certaines courses ou randos en France….

Les Espagnols (et d’autres certainement aussi !) sont vraiment dégueus ! Le parcours était jonché de détritus (papiers de gels, barres, etc)

Dans ce genre d’épreuve, inutile de compter faire du tourisme… Il faudra retourner visiter Cordoue !

Le meilleur choix niveau matos est du matos fiable (et cela impose déjà pas mal d’entretien) et en bon état (Cf cales usées…) Le Flash 29 (9.4 kg) m’a enchanté et s’est avéré très efficace.

On se lasse du Power Bar !!

J’ai trouvé les parcours très sympas à rouler, les sentiers étaient bien choisis mais par contre, je suis un peu déçu des paysages. Je m’attendais un peu plus à rouler en moyenne montagne.

Les housses Evoc sont très bien conçues et bien pratique pour les voyages en avion.

Pour ceux qui veulent lire les comptes rendus quotidiens d’Aurélien, vous trouverez son blog ICI.

Quelques photos ICI.

 

(Texte : Dominique GREGOIRE)