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PEREGRINATIONS

PEREGRINATIONS

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Les 24h du Mans Vélo en Solo, édition 2012

Les 24h du Mans Vélo en Solo, édition 2012

 

 

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La photo qui à mes yeux symbolise ces 24h. Guy penché vers moi, attentif à ce que je lui dis avant de repartir en pleine nuit.

24h Solo ? Bien sûr que non, cette photo le montre clairement ! 

 

D'abord, vous l'aurez deviné, je voudrais rendre hommage à Guy qui a été l'assistant rêvé pendant ce double tour d'horloge des 25 et 26 août derniers. Après avoir dû s'affairer toute la semaine précédant les 24h pour la mise en place logistique, après avoir tissé mon 'cocon' dans le box 41 le matin du samedi 25, il a réussi à être présent, alerte et actif pendant les 24 heures qui ont suivi. Sans relâche, il a rangé puis préparé mes affaires, mes ravitos, mes boissons chaudes ; il a chronométré mes tours pour surveiller mes hausses ou baisses de forme ; il a veillé sur moi du bord de la piste, me communiquant les infos importantes. Il m'a accueilie à chacun de mes relais comme si j'étais une reine, a toujours été d'une patience infinie, m'a prodigué massages salvateurs et reconstituants avec le plus grand des savoir-faire, a veillé sur mon sommeil, m'a contrainte à allonger mon temps de repos ou à le raccourcir lorsque c'était nécessaire. Il s'est débattu tout au long des 24h avec la direction de course, car depuis le départ les erreurs de chronométrage et de classement me concernant se sont accumulées. Il a donc géré ce stress seul ou presque, puisque Laurent et André ont heureusement pu lui prêter main forte parfois, en ayant soin de m'épargner tout souci. Il a su m'encourager, toujours, ne pas montrer ses inquiétudes lorsque mes temps de passage nocturnes se sont dramatiquement allongés. Il a respecté à la lettre toute la procédure de ces 24h que nous avions mise au point ensemble. Bref, tu as été exemplaire en tout, Guy ! Impossible de te dire combien je te suis reconnaissante ! Sans toi, ces 24h seraient probablement un mauvais souvenir, mais surtout cette amitié pour moi que tu as su si parfaitement mettre en actes est un don des plus précieux. Sois-en remercié au-delà des mots ! 

 

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En fait, ces 24h Solo n'ont jamais été sous le signe de la solitude ! Bien au contraire. André était présent, engagé dans le quatuor de la Patrouille EcoCyclo aux côtés de Thierry, Laulesp et Laurent. Notre club du CLMarsannay était représenté par 2 équipes de 6 coureurs. Et nos amis Cathy et Francis étaient là également, pour leurs premiers 24h Vélo au sein d'une équipe de 4 - Francis, alias BioForever qui a remporté l'édition 2012 des 24h du Mans Roller officiant en tant que coach de l'équipe. Pas mal de s'assurer les services d'un coach d'un tel niveau athlétique et au mental en béton !! Bref, tout ce beau monde campait au même endroit, dûment rubalisé par mes soins le vendredi matin dès l'ouverture des portes, au terme d'un 500 m course à pied de folie !!  Gégé nous ayant procuré des barnum pour la 'cantine' communautaire, l'épisode pluvieux des vendredi soir et samedi matin fut anecdotique....mais a néanmoins donné lieu à quelques inondations ! Nos treize copains du CLMarsannay étaient organisés comme s'ils avaient déjà participé à toutes les éditions des 24h Vélo du Mans, alors qu'ils étaient des 'rookies' ! Ambiance rêvée pour éviter de cogiter avant le départ - joie, rires, rien de tel pour me détendre. Et à quelques pas de notre campement, l'équipe masculine de l'UCCV, mon précédent club. Et aussi leurs homologues féminines, avec Cat et Lydie, deux amies ! Cette année, nous étions 4 équipes de clubs à proximité de Vichy - voir l'article de La Montagne à ce sujet !! Bref, l'atmosphère était festive, ce qui ne m'a nullement empêchée de me préparer avec soin, et de m'isoler le temps suffisant aux visualisations de rigueur. 

 

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      André, Titi et moi : notre 2° participation ensemble aux 24h du Mans 

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      Une des deux équipes du CLMarsannay : Jean Paul, Serge, Pascal, Gégé, Pascal et Patrick

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L'autre équipe du CLM : Jean Pierre, Christian, Jean Louis, François, Bernard, JC. 

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      Le Team au complet : Laurent, Laulesp, Thierry et André 

Les 4zamis

Les 4zamis, dont Valérie et Cathy. Et Francis qui fait le coach clown !

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L'équipe fuchsia masculine : Yohann, Hervé, Philippe Loth, Philippe Dubois, Jeff et Claude    

 

Le vélo en solitaire, cela me connait. Il faudrait que je totalise le nombre de km effectué seule sur les routes, ou dans les bois, mais guère d'espoir que ce genre de calculs réussisse à me motiver ! Grosso modo, je dois rouler 60 à 70% du temps seule - donc pour cette année, environ 6000 km parcourus en mode solo. Alors, ces longues distances mode compétition comme les 24h du Mans, je les vis avant tout comme un moment de partage, comme l'aboutissement festif d'un long travail. Aucune angoisse, aucune inquiétude car j'étais 'prête' grâce au coaching de Nicole, de cela aucun doute. Même si je savais que les heures nocturnes seraient difficiles compte-tenu de mon manque d'entraînement à ce niveau et de ma prépa fort perturbée en juin.  Peut-être un peu 'osé' de dire ceci mais, une fois la logistique prête, j'ai attendu le départ comme, enfant, j'attendais le passage du père Noël qui promettait monts et merveilles. C'est vous dire combien ces dernières heures du samedi avant 15h00 m'ont paru longues ! 

Et quelle joie ensuite d'être un élément dans cette immense ligne de coureurs. Anna Mei étant venue se placer à mes côtés, j'en ai profité pour faire sa connaissance et nous avons esquissé quelques mouvements de danse en musique, elle était aussi ravie que moi ! Un prélude annonciateur de notre belle entente à suivre, entre nous 2, mais aussi avec Sandrine, Monique et Véronique. Jamais je n'ai manqué d'encourager ces deux dernières, et nous avons même partagé 2 ou 3 tours complets de bavardages avec Véro le dimanche matin. Sandrine, magnifique à voir passer, rapide et infatigable, m'a souvent proposé de prendre sa roue la nuit, et nous avons également réalisé quelques tours de concert, sur le mode conversationnel le dimanche fin de matinée, une fois nos positions bien établies (enfin c'est ce que je croyais...)  ! Et en avons profité pour comploter avec Anna et prévoir un passage de la ligne d'arrivée toutes ensemble. Bien sûr que nous sommes des compétitrices, mais nous n'étions pas en compétition les unes contre les autres, car le défi qui nous a amenées toutes 5 sur le circuit Bugatti nous a bien plus unies que divisées. Tout en nous amenant à nous transcender, à dépasser fatigue et douleurs, pour assurer notre position. Et ce tutoiement de mes limites m'a souvent paru 'facile' à cause de ce jeu de position, mais aussi grâce aux innombrables encouragements reçus sur la piste au fil des tours, ou dans les stands. Bérengère Staelens (1° duo mixte avec Jean Pierre Coinon), Sébastien Bertholet, Jérome Boschon Dossard 129, les copains du CLMarsannay et du team Ecocyclo, de l'UCCV, Cathy, Cat, Lydie et Valérie - tour après tour, aucun a jamais manqué de me jeter un 'Allez, Pat' lorsque leur peloton me doublait à vive allure.  Dans la grande ligne des stands, les 'Vas-y Pat !' étaient également au RV - les voix off étant celles de Francis, Denis, Jean Mi, Cathy, Cat, Valérie, Quentin, Véro. Et bien sûr celle de Guy ! Et puis celles de François et de son épouse en haut du Dunlop - François, copain FB dont j'avais fait la connaissance 'en chair et en os' le samedi matin dans le box, et que nous avons retrouvé le dimanche soir pour un joyeux repas d'après-course à la Taverne Karlsbraü. 

 

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La dernière heure : avec Anna et André

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Dans les derniers tours : André emmène le podium féminin - Sandrine (à gauche), moi et Anna. 

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Avec François et son épouse, une fois les 24h finies

 

C'est cela la magie des 24h du Mans pour moi : cette vague de chaleur humaine qui porte et emporte. Et toujours revient. Les liens tissés au fil des tours ainsi que l'émotion qui au creux de la nuit, au creux des heures qui semblaient ne plus vouloir s'écouler, me saisissait à chaque fois qu'une de ces voix m'encourageait, furent un pur bonheur. Bien sûr, sur la piste, la coopération entre coureurs solo n'a pas été très probante et  souvent certains, solos ou autres, n'hésitaient pas à prendre abri dans ma roue avant que de reprendre leur élan, sans même me laisser une chance de prendre leur roue à mon tour ! Mais si j'ai été seule, à mon rythme, la nuit entière,  quelle importance ? J'avais signé pour 24h d'efforts solo, donc pas de surprises, pas de désillusion à ce niveau. 

A voir les photos illustrant cet article, il est évident que ces 24h ont été sous le signe de la camaraderie, de l'amitié. Une forme de communion, malgré mon effort solo. Les paysages naturels, eux, sont absents de ces photos - aux 24h du Mans c'est le paysage humain qui a pris le relais ! Et ceci m'a emplie de bonheur. Alors même aux heures difficiles, même lorsque j'aurais tout donné pour pouvoir dormir encore un peu, dans le box 41 sous la surveillance de Guy, toujours il m'a été 'facile' de continuer et de re-prendre le relais de moi-même. 

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Un autre des aspects enchanteurs de ces 24h du Mans, c'est la vie bruissante mais ordonnée toujours qui va autour de soi - que ce soit au camping, sur le chemin qui mène aux stands, dans les box. Ou sur le circuit Bugatti qui est un terrain de jeux cyclistes incomparable - je ne me suis toujours pas lassée des chicanes Dunlop, des virages de la Chapelle, du Musée, du Garage Vert, du Chemin aux Boeufs, des S bleu et du Raccordement. Ni de la ligne droite des stands. Et pourtant que de vent cette année !  Mais ces virages re-visités plus de 250 fois, au terme de mes trois paticipations aux 24h du Mans Vélo, sont à chaque fois différents, jamais tout à fait les mêmes, toujours autres ! Il n'y a pas, le circuit Bugatti se lit comme une poésie pour moi. Peut-être parce que plus jeune, j'y ai souvent suivi les 24h moto, peut-être parce que refaire toujours et encore la même boucle à la recherche de la trajectoire parfaite me fait me souvenir de ces heures strictes et rigoureuses de mon adolescence passées sur ces cercles dessinés à même le ciment de la piste de patinage de Villfranche sur Saône, 'figures imposées' dont le but était de m'apprendre à ne pas dévier d'un millimètre, à ressentir la moindre variation dans mes appuis. 

Mais sur le circuit, surtout, sans interruption, il y a ce ballet incessant de pelotons qui passent et repassent. Compacts, effilés, avec ou sans queue de traine, colorés, éblouissants, ils incarnent l'énergie humaine. Et sont si beaux à voir passer ! Spectacle dont il est impossible de se lasser. Cette année le peloton de tête, allongé, moins fourni que l'année dernière, avait une allure impériale. Le second peloton lui était souvent d'une taille impressionnante, mais hormis les chuintements des roues, les clic-clac des vitesses et quelques interjections clairsemées, le vent et l'effort à produire pour rester dans les roues ont rendu les coureurs silencieux, attentifs. 

Et puis bien sûr il y a l'attrait de ces heures nocturnes. Lorsque la vue devient un sens accessoire, nous nous recentrons tous sur nos sensations, nous sommes au plus près de notre être et de celui des autres. Et ces heures sont comme un cadeau à ceux et celles qui, sans ces relais pris la nuit, ne goûteraient jamais à ces délices incomparables. N'est-ce pas Cat, n'est-ce pas Lydie ? La ronde du Bugatti devient alors manège enchanté.

Et au final, au bout de ces 24 heures sur le Bugatti, une seule question : mais où sont donc passées toutes ces heures ? Tout est allé si vite, si vite, et c'est déjà fini !

      Voilà pour l'ambiance telle que je l'ai ressentie ! Vous aurez compris que ces 24h du Mans Vélo me fascinent presque toujours autant qu'il y a 4 ans. Bien sûr des améliorations seraient souhaitables, mais avec le recul d'une semaine pris avant d'écrire ces lignes, je réalise combien l'essentiel est là : c'est une vraie fête du vélo de compétition, unique en son genre, et qui offre à ceux qui veulent la saisir une vraie chance de rencontres. 

 

Et maintenant, très vite, quelques mots sur  MA COURSE.

Pour la course officielle, je vous renvoie au site des 24h du Mans Vélo. Et à la page Résultats/Classements. Ainsi qu'à la galerie de photos à consulter sur Picasa. 

 

LE DEPART et mes six premiers 'relais' : de 15h00  à 6h00 du matin

J'avais pris soin de répéter la procédure départ avec Guy le matin même, car je me sentais moyen sûre de moi. Et cela a bien fonctionné, André et non Guy étant de garde auprès de ma monture. Petit changement qui a occasionné une très légère panique - et fut donc à l'origine d'une production d'adrénaline idéale avant le départ. 

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Peu de souvenirs de ces premiers tours sinon celui d'une vigilance de tous les instants et d'un effort maximal. Malgré les conseils de sagesse donnés par Nicole, et auxquels j'avais totalement adhérés. Sur le terrain, impossible d'appliquer les bonnes résolutions. Trop de feu dans les jambes pour ne pas m'amuser, pour ne pas faire 'joujou' et ne pas prendre les roues qui me faisaient envie - je me suis payé du bon temps à satiété, en sachant très bien que cet énorme plaisir reviendrait me frapper de plein fouet, façon boomerang. Je l'avoue, j'ai pêché !!! Mais faute avouée est à demi-pardonnée, n'est-ce pas Nicole ?!! Une chose est sûre, je n'en ai pas regret ! Et je me dis que si je reviens pour un autre 24h solo, il me faudra avoir progressé en vitesse pour être capable de tenir dans les roues, de ne pas sauter à la moindre relance, sans pour cela avoir à taper dans des zones cardiaques trop hautes. 

Anna et moi étions dans le même peloton, jusqu'à sa chute, survenue au Chemin aux Boeufs lorsque sa roue avant est venue taper dans ma roue arrière. Mais plus de peur que de mal puisqu'elle est rapidement remontée en selle. Seul son cuissard indiquait qu'elle avait chuté. Troublée par sa chute, j'ai adopté un rythme plus sage ensuite. Au grand soulagement de Guy, qui commençait sérieusement à s'inquiéter de mon rythme endiablé. 

 

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Au chaud, dans un petit groupe, après la chute d'Anna.

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Seule, dans la grande ligne droite des stands

 

Ensuite, les tours se sont enchaînés les uns aux autres. Mon premier arrêt fut express, en fait si ce n'avait été des bidons à remplir, je ne me serais pas arrêtée. J'aurais dû changer de maillot lors de cette première pause car j'ai eu froid lors de la reprise. Mon second arrêt intervenu après 5 h de course, comme prévu, fut un peu plus long que le premier car je pris soin de m'alimenter et boire. Les relais 3 et 4 furent aisés, j'aime tellement ces heures du couchant et ces premières heures de la nuit.

 

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Premier arrêt : j'étais assoiffée !

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Compote avalée en quelques secondes

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Départ après mon second arrêt : il faisait déjà plus frais

Malheureusement, après mon troisième arrêt, il m'était déjà difficile de boire et manger - sur le vélo, il fallait que je me force pour avaler quelques gouttes. Probablement que l'acide lactique accumulé lors des deux premières heures a contribué à cette mise en grêve de mes fonctions digestives, mais j' ai souvent été victime de ce même phénomène même après un début prudent. Trop de boisson de l'effort ? Trop de sucre ? Coup de froid sur le ventre ? Cycle organique normal rendant l'absorption de nourriture ou boisson impossible aux heures nocturnes ? Sûrement un peu de tout ça, reste que je n'ai toujours pas résolu ce problème qui a souvent  plombé mes nuits vélocipédiques, que ce soit pour la diagonale Strasbourg-Perpignan, ma seconde participation au Raid Provence Extrême ou pour la Rata. 

Et inévitablement, la conséquence de cette incapacité à m'alimenter et m'hydrater convenablement se fit sentir entre 1h30 et 5h00 du matin sous la forme d'une envie parfois irrésistible de dormir. Le manque calorique ne pardonne pas sur la très longue distance. Les pauses 'sommeil' n'étaient pas prévus, mais je n'ai eu d'autre choix que de m'arrêter deux fois dans la nuit pour enfin fermer les yeux - 10 minutes à chaque fois. Mes prévisions quant à mes temps au stand ont donc été revues à la hausse - de 1h45, elles sont passées à  3 heures !! En sus des périodes de sommeil, je n'avais pas escompté que les toilettes seraient situées aussi loin de mon box - idiot, mais quelle perte de temps ! Et le seul aspect qui m'ait exaspérée....car cela démontre un certain manque de considération pour les solos ! 

Les photos prises par Laulesp lors de mes arrêts nocturnes montrent sans fioritures l'état de fatigue où j'étais. Mais rassurez-vous, ce que vous voyez ne correspond pas exactement à ce que je ressentais - et au-dedans j'étais beaucoup plus fringante qu'au-dehors....sinon je me serais fait peur à moi-même, j'imagine ! Heureusement, il n'y a pas de miroirs dans les box !!

De ces heures obscures, je garde le souvenir des 45 mn effectuées dans la roue de Jean Louis, qui s'est gentiment mis à ma disposition lors de son relais. Quelle différence cela fit ! Du coup, j'ai invité la jeune femme du duo mixte dossard 205 à nous emboîter le pas...la roue. Ce temps entre parenthèses me remit en selle ! Un grand merci à toi, Jean Louis. 

 

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Ok, pas évident à voir ma moue que je suis heureuse d'être là....et pourtant !!

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      Heureusement, j'ai pu ingurgiter quelques gorgés de Rénutril à défaut d'autre chose !

 

Les données de mes premières 10 heures sur le vélo sur Strava ci-dessous. Et sur Training Peaks où je viendrai ajouter des commentaires plus ciblés dès que j'aurai un peu de temps devant moi. Pour la suite, aucune donnée - mon Garmin étant tombé en carafe - hormis celles enregistrées par Tag Heuer (voir lien 'Tours effectués' ci-dessous) mais la plupart sont totalement erronnées puisque celles du solo homme dossard 107.

 

 

  Les tours effectués

 

MES 4 DERNIERS RELAIS : de 6h30 du matin à 15h00 

Une fois la confusion nocturne derrière moi, après un croissant-café avalés goulûment et un autre baiser d'André, les lueurs de l'aube bien installées dans le ciel, les choses redevinrent très simples. L'évidence était là à nouveau. Guy m'avait fait part des problèmes de classement et chronométrage qui paraissaient me coller à la peau, mais je m'étais dit qu'il était inutile que ceci vienne me perturber puisque je n'y pouvais rien, même si je ne comprenais absolument pas comment Anna avait réussi à boucler davantage de tours que moi. En forme pour ce premier relais du matin, je pris tout le plaisir que je pus sur le circuit. A l'arrêt suivant, apprenant que j'étais 3° féminine, et que Monique avait 7 tours de retard sur moi, il ne me restait plus qu'à gérer notre écart. Je me payai donc le luxe de deux longs arrêts. Et effectuai trois ou quatre tours de circuit à vitesse réduite, à blablater avec Véro, ou Sandrine ou Anna. Certes, ce n'était pas très 'professionnel' !!! Mais cela faisait plus de 15 heures que je n'avais pratiquemment pas dit un mot, collant le plus possible à mes consignes personnelles de vigilance. Je me suis donc laissée aller à la facilité. 

 

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Dans les chicanes Dunlop, le dimanche fin de matinée : les jambes commençaient à tirer !

 

Enfin, coup de théatre lorsque je m'arrête pour ma dernière pause, à 13h30. Guy me dit alors que Monique est dans le même tour que moi et que nous sommes donc 'en bagarre' pour la troisième place. Moi qui avait pris le pli de finir en 'roue libre' ou presque, il me fallait remettre la gomme et aller chercher cette place. Typique des 24h du Mans où après des heures sur le circuit, tout est remis en cause dans la dernière heure. Mais c'est bien cela qui en fait le charme, non ? Rien n'y est jamais sûr. La dernière heure trente fut donc forte en sensations. J'ai eu la chance de retrouver André sur le circuit qui bien sûr me proposa de m'abriter. Ce que j'acceptai avec soulagement. Puis Anna et Sandrine nous ont rejoints pour tourner en 9'15". Etonnant comme il est toujours possible de trouver des ressources en soi ! Enfin, nous avons franchi la ligne toutes les 3, Sandrine, Anna et moi, main dans la main, Anna avec un voile de mariée sur la tête, pensant que nous serions dans cet ordre-là sur le podium. 

 

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Jusqu'au bout de mes ressources ! Anna à droite.

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Après 24h de course !

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Après 24h : bien plus souriante que pendant la nuit !

 

Mais que nenni ! C'était sans compter sur le tour de passe-passe qui allait intervenir.  Pour faire court, il s'est avéré après 30 mn de tergiversations avec les organisateurs et responsables du chronométrage que l'on m'avait remis la mauvaise puce lors de mon retrait de dossard !! En fait, depuis le samedi 15h je roulais avec la puce du solo homme dossard 107 et vice-versa, et en fait j'étais seconde des féminines devant Anna depuis 18h00 la veille  ! Je fus soulagée de trouver une explication rationnelle à ces incohérences du chronométrage, à l'issue de la course, mais ne peux m'empêcher de songer que les signalements d'erreurs faits par Guy auraient dû être entendus dès le début. Quelque chose que les organisateurs devront absolument améliorer, à commencer par la mise en place d'un système de vérification des puces fiable. 

Au final, une fois cette méga- erreur rectifiée, voici ce que j'ai effectué : 132 tours, 552.5 km/h, un peu moins de 21 heures sur le vélo, 10 arrêts. Et je suis classée 2° féminine solo, devant Anna ! Ma première inquiétude fut qu'elle éprouve du ressentiment à mon égard pour cette évolution inattendue du classement, mais non pas du tout. Elle comme moi pensons que l'essentiel est de donner notre maximum - le reste n'est pas de notre ressort. 

Evidemment, classement et chronométrage n'ont guère d'importance au final, une fois encore l'essentiel n'est pas là, mais je suis néanmoins fort contente de ma 'performance' puisqu'elle correspond au 22° temps des solos hommes/femmes. Preuve que ma préparation sous la direction avisée de Nicole Drummer a été efficace. 

Une fois le box vidé, retour au camping déjà bien vide. Pour retrouver Valérie, Cathy et Francis. Puis douche. Puis enfin un moment de détente complète à la Taverne en compagnie d'André, Guy, François et son épouse. Et hop au dodo sous la guitoune à 10h00 du soir ! Quelle béatitude au moment de fermer les yeux devant la promesse de longues heures de sommeil, avec le sentiment du devoir accompli !

Et en conclusion, cette belle photo de notre arrivée à toutes les 3, Sandrine, Anna et moi, au bout de ces 24h main dans la main !

 

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   A VOIR :   L'album photos de Pascal sur Skydrive, clichés souvenirs du gang CLMarsannay à ces 24 h du Mans !

 

 

(Texte : Pat - Photos : André, Laurent Lespagnol, JB Bruynooghe, François Carrazé, etc..)