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PEREGRINATIONS

PEREGRINATIONS

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En route pour le bikepacking

En route pour le bikepacking

Un lent cheminement 

Gravel et vtt en mode bikepacking. Cela fait un certain temps que ce rêve d'itinérance cycliste en autonomie, sur chemins, sentiers ou routes secondaires peu fréquentées a été implanté en moi...comme un soupçon d'Inception ! La faute en incombe à ces innovateurs et aventuriers américains ou britanniques dont je fréquente les blogs depuis une bonne dizaine d'année. 

Une décennie donc pour que ce rêve devienne enfin réalité ! Le temps nécessaire à découvrir, m'informer, comprendre, à ré-orienter ma pratique cycliste et à accepter de laisser filer d'autres rêves, à acquérir la maîtrise nécessaire pour le 'tout chemin' dans de nombreux domaines de compétence, tels que l'entraînement, le pilotage, la préparation physique, ou bien encore la navigation. Pas forcément un long fleuve tranquille ces dernières années, car elles furent fréquemment émaillées de chutes, blessures ou fractures, de longues périodes de convalescence, de nombreux stages ou formations suivis souvent peu commodes à programmer, et enfin de participations à des épreuves un bon cran au-dessus de mes possibilités. Il a donc souvent fallu que je dépasse mes doutes, craintes, peurs, frayeurs.....mais abandonner ce rêve si essentiel n'a jamais été à l'ordre du jour. Et le poursuivre s'est révélé être des plus constructeurs - rien de tel qu'un chemin semé d'embûches pour apprendre à se faire confiance et se renforcer, découvrir des ressources insoupçonnées en soi et autour de soi, et à souhaiter toujours plus ! 

Depuis un an, ce rêve est progressivement devenu celui d'André, également. Tellement de joie. Son engouement immédiat pour la pratique CX au guidon de son Colnago Prestige l'a immanquablement amené à notre inscription impulsive à la French Divide (départ le 5 août 2017), randonnée VTT/CX de 2100 km, 40 000 m dénivelée+, à réaliser en 15 jours et en autonomie totale, avec un suivi par tracker. Un bon gros défi, donc. Qui a l'avantage de pouvoir se poursuivre sur un mode touristique si jamais la formule sportive et ses délais chronométriques se révèlent impossibles à tenir. Quoi qu'il advienne, nous sommes quasi assurés d'une belle itinérance estivale du nord au sud de la France, à travers les Ardennes, le Morvan, le Massif central et les Pyrénées, avec de nombreuses nuits sous les étoiles. Voici un projet de voyage auquel nous avons tous les deux souscrit sans hésiter ! 

Ces derniers six mois, nous avons donc oeuvré à la mise en place de nombreuses choses, notamment en ce qui concerne nos 'montures'.

André s'est décidé sans hésitation à parcourir chemins et sentiers de la French Divide au guidon de son Colnago Prestige - choix courageux, qui nécessite sûreté et finesse de pilotage, ainsi qu'une belle endurance physique. Quant à moi, j'ai choisi un Stumpjumper semi-suspendu plus confortable grâce à son cadre carbone, ses roues tubeless de 29 pouces, et sa fourche avant de 95 mn. Merci à Com et Matthieu pour leurs conseils avisés ! 

Puis nous avons investi dans l'équipement 'bikepacking' incontournable. Tout d'abord la bagagerie souple et ultra légère, directement fixée sur les tubes de cadre, le guidon ou la tige de selle. Puis ce fut le tour de l'équipement pour la 'nuit', probablement ce qui nous a le plus coûté en hésitations et questionnements....tente ou bivy ? quel matelas ultra-léger ? quel sac de couchage ou duvet ?  Heureusement, ma fille Sarah est une pro en ce domaine et notre expédition dans sa boutique du Vieux Campeur à Lyon a levé bien des incertitudes. Sur ses conseils expérimentés, nous avons opté pour un sac de couchage imperméable avec moustiquaire, un matelas ultra léger hyper confortable, et une couverture de survie isolante. Tente et bivy n'ont pas été retenus. Merci à toi, ma Nanette ! 

Il y eut également une bonne dose de réflexion à mener à propos des instruments de navigation, tellement essentiels puisque sans eux, pas de trace GPS et donc plus de French Divide. Tous deux nous avions déjà un Garmin Etrex 35, parfait pour ce genre de randonnée au très long cours, en raison de son autonomie et alimentation par piles. Mais après avoir lu de nombreux récits de courses vtt en bikepacking dont les auteurs ont dû affronter différentes mésaventures suite au plantage de leur GPS, j'ai réalisé qu'avoir un second GPS en back up n'était pas vraiment un luxe.....et donc survint la nécessité d'une familiarisation - toujours en cours d'ailleurs - avec un autre instrument. Entre-temps bien sûr, la question cruciale de l'éclairage a fait surface, et dans son sillage le problème de l'autonomie en alimentation pour les lumières, le smartphone, l'appareil photo ! Une chose est sûre, l'évolution des sports outdoors et du vtt mode bikepacking ont fait que tous ces appareils et équipements ont beaucoup progressé depuis quelques années, et nous en avons profité à plein.....merci aux innovateurs, pionniers et autres précurseurs. 

En route pour le bikepacking

Le rêve devenu réalité 

Jeudi 25 mai, à l'aube du long week-end de l'Ascension, nous passions dans la dimension si ardemment désirée, celle de la réalité. Nous étions enfin à pied d'oeuvre, et en route pour un périple de quatre jours, nos Prestige et Stumpy dûment harnachés, et la trace préparée par André stockée dans nos gps. J'attendais ce moment depuis si longtemps, l'Ascension prit des couleurs de Noël à mes yeux. Et fut une libération.

Quitter le seuil de la maison pour immédiatement être en partance, sans autre obligation que de nous mouvoir à travers paysages et contrées, au rythme fluctuant de notre énergie mise à pédaler, et savoir que nous sommes les seuls à décider de chacun de nos moments pendant quatre longues journées, c'est une phénoménale promesse de temps de vie hors routine, hors contraintes et hors attendus. Un ravissement. Malgré la certitude que certaines heures seront malaisées en raison de la fatigue, la pénibilité de certaines sections, les aléas mécaniques et météorologiques ou autres, ou bien encore le hasard des ravitaillements et lieux de couchage en plein air.

En fait, comme vous n'êtes pas sans le savoir, ces aspérités parfois génératrices de frustration, d'énervement, voire parfois de colère, sont indispensables à la mise en relief et lumière des temps de perfection.

Des temps de perfection si nombreux que la toile qu'ils tissent en arrière-plan de ce genre de voyage sur les chemins de traverse se colore d'une ineffable magie. Une toile qui se déroule à perte de vue, entre prés et champs, bois et forêts, étangs et rivières, bocages et marécages, ou bien encore entre plaines et montagnes, hameaux et bourgs, fermes isolées et châteaux, troupeaux de moutons, vaches ou chèvres et chevaux, insectes et rongeurs, sangliers et chevreuils ou lapins de garenne, entre terre et ciel, à proximité des oiseaux, de leurs chants et de leurs envols. Sous le soleil et les nuages, ou sous les étoiles. A l'éclat des genêts en fleurs, des cerises rebondies, des blés ondoyant sous la brise, des herbes hautes parfois déjà assemblées en meules cylindriques, des feuillages et de leur symphonie de vert. 

Nous avons fait notre chemin chaud et ensoleillé à travers les Pierres Dorées, les monts du Lyonnais, les monts du Jarez, le Pilat, et l'Ardèche. Trois jours, 27h00 de pédalage, 280 km et 7700 m de dénivelée positive plus tard, nous prenions un TER à Valence, pour un trajet retour en train d'une durée d'une heure quarante seulement ! Plutôt sonnés d'avoir vécu autant d'instants intenses en si peu de temps, en plein air toujours, sans séparation aucune d'avec le ciel ou la terre. Notre vélo était devenu notre maison, ouvert à tous les vents, à tous les possibles. Plutôt fatigués aussi, moi surtout, d'autant que mon diable d'André avait dégotté, au lever du jour, une descente d'Enfer pour boucler notre périple. Peu importait, tout était devenu tellement simple. 

 

En bord d'étang de la Dombes (crédit photo : André)

En bord d'étang de la Dombes (crédit photo : André)

Vendredi 2 juin, en fin d'après-midi, nous étions à nouveau sur le départ, cette fois pour un aller-retour dans les Bauges, via les Dombes, le lac du Bourget et le Bugey. Avec la perspective de trois nuits à la belle étoile et de trois journées de pédalage. Et avec le sentiment que l'itinérance à vélo peut vite devenir addictive. Danger ! Il devient si simple et rapide de ranger quelques indispensables dans les sacoches, fixées en permanence sur nos vélos, et de prendre la poudre d'escampette là, dès la grille franchie. Et de se mettre en mode gourmandise de tout ce qui advient. Vagabondages, pérégrinations, retour à l'essentiel. 

Après notre escapade ardéchoise, nous avions procédé à quelques ajustements dans les bagages et équipement, pour le mieux. Améliorations validées. Il ne nous reste donc que peu de choses à mettre au point, côté logistique - ce qui était l'objectif premier de nos deux weekend de bikepacking. Libération, un peu plus à chaque fois. 

Notre seconde journée, largement amputée par les énormes orages et pluies diluviennes qui se sont abattus sur la montagne de Chambotte alors que nous franchissions le col de Chambotte, au-dessus du lac du Bourget, nous a rappelé qu'il faudra nous adapter vite fait bien fait à certains impondérables...et compléter notre équipement anti-pluie ! Au final, ce fut un épisode amusant et générateur d'imprévu, puisque nous avons passé la nuit au sec, dans le camping Le Meyrieux à La Biolle et que le lendemain nous étions à Bellecombe-en-Bauges, pour une halte gastronomique fort plaisante, retour sur notre été 2015.

Partis de la maison le vendredi après le travail, nous sommes revenus début d'après-midi le Lundi de Pentecôte, cette fois sans trajet retour par le train. Nous étions nettement moins fatigués qu'après notre virée de l'Ascension, peut-être parce que la durée de pédalage et le dénivelé positif furent moindre, ainsi que le pourcentage effectué sur sentiers et chemins : 24h00 de pédalage, 360 km parcourus, et 5500 m dénivelé positif. Bon signe !

Et surtout, ravissement à nouveau à l'oeuvre.....totalement, absolument. Pas de rémission possible. 

Notre weekend de l'Ascension 

En route pour le bikepacking
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Les autres traces photographiques des lieux et moments de pause de chaque journée, ainsi que les traces et autres informations, sont enregistrées sur chacune des pages Komoot ci-dessous. Il suffit de cliquer sur Open in Komoot.

Notre weekend de Pentecôte 

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